Dimanche prochain je participerai et animerai un atelier de création de pictogrammes. Le tout se déroulera dans les locaux d'Autisme-Québec. Six parents se joindront à moi pour apprendre l'ABC des pictogrammes. Je suis fin prête. Ce matin je suis allée installer, sur les ordinateurs de l'association, quelques exemples et une banque de pictogrammes et de photos.
Ce sera un plaisir d'échanger sur cette façon particulière de communiquer.
N.B. Si vous voulez une banque de pictogrammes, j'ai mis un lien à droite.
mardi, octobre 17, 2006
jeudi, octobre 05, 2006
Enfin propre!
Avec un enfant autiste, il est important de choisir ses batailles. Il est impossible de travailler sur tous les fronts en même temps. Les apprentissages sont tellement longs, que l'on s'épuiserait à la tâche.
Ici, il sera question d'une bataille que j'ai commencé, il y a de cela déjà 2 ans. J'en suis sortie victorieuse, mais au prix de nombreux efforts. En mai 2004, Antoine avait 6 ans à l'époque, j'ai commencé l'apprentissage de la propreté. Je vous épargne les détails, je crois que vous avez assez d'imagination pour cela. Mais aujourd'hui, tout cela est dernière moi et j'en suis fort aise. Depuis le début de l'été 2006, Antoine va aux toilettes complètement seul. HOURRA!
J'avais le goût de vous partager ma joie de savoir cette étape terminée. Maintenant, je vais pouvoir choisir une autre bataille.
Ici, il sera question d'une bataille que j'ai commencé, il y a de cela déjà 2 ans. J'en suis sortie victorieuse, mais au prix de nombreux efforts. En mai 2004, Antoine avait 6 ans à l'époque, j'ai commencé l'apprentissage de la propreté. Je vous épargne les détails, je crois que vous avez assez d'imagination pour cela. Mais aujourd'hui, tout cela est dernière moi et j'en suis fort aise. Depuis le début de l'été 2006, Antoine va aux toilettes complètement seul. HOURRA!
J'avais le goût de vous partager ma joie de savoir cette étape terminée. Maintenant, je vais pouvoir choisir une autre bataille.
mardi, septembre 12, 2006
Insomnie
Dans la nuit du 5 au 6 septembre, Antoine a fait de l'insomnie. Cela faisait plusieurs mois que cela ne lui était pas arrivé. Il s'est réveillé vers 2h00 et il n'a réussi à retrouver le sommeil que vers 5h00. Il a donc pu faire l'école buissonnière après seulement 1 journée de classe. J'ai bien essayé de le réveiller. De 6h00 à 6h30, il a eu droit à un massage intégral. Caresse par-ci, chatouille par-là. Il n'y avait rien à faire, il DORMAIT! Si cela n'avait été que Grande Fille avait un rendez-vous chez l'orthodontiste, je ne l'aurais sûrement pas dérangé. Mais là, j'avais un problème... Vers 7h00, j'ai téléphoné ma belle-soeur à la rescousse. Une chance qu'elle ne travaillait pas avant 13h00 cette journée-là.
Nous n'avons jamais su pourquoi Antoine faisait autant d'insomnie, mais une chose est certaine c'est qu'il n'est pas le seul enfant autiste qui en souffre. C'est une question qui revient fréquemment dans les questionnaires médicales permettant de diagnostiquer l'autisme.
Je crois qu'Antoine a beaucoup moins besoin de sommeil que les personnes neurotypiques. Il n'avait que quelques jours et je percevais déjà la différence. Il restait de longues heures éveillées durant la journée. Un peu plus âgé, il ne faisait qu'une sieste par jour alors que les autres enfants en faisait encore deux. Et à l'âge de ne faire qu'une sieste l'après-midi, alors là c'était fini les siestes, il ne dormait que la nuit. Au fur et à mesure qu'il avançait en âge, plus c'était difficile pour lui de s'endormir le soir venu. Comme je voulais respecter l'heure de coucher d'un enfant de son âge, je le couchais vers 8h00 et il ne réussissait à s'endormir que vers 11h00. Il devait avoir 3 ans à cette époque. Que de soirées ai-je passées dans sa chambre pour m'assurer qu'il reste bien dans son lit!
Maintenant, Antoine reste bien sage dans son lit en attendant de sombrer dans les bras de Morphée. Cela lui prend encore 1h30 à s'endormir, mais je peux faire autre chose maintenant. Comment je sais qu'il n'est pas encore endormi? Et bien, Antoine aime faire ses vocalises avant de s'endormir. On dirait qu'il se raconte une histoire. Il dit plein de sons et de mots imaginaires pour ensuite rire aux éclats. Peut-être qu'un jour il pourra nous raconter ses histoires si drôles...
Nous n'avons jamais su pourquoi Antoine faisait autant d'insomnie, mais une chose est certaine c'est qu'il n'est pas le seul enfant autiste qui en souffre. C'est une question qui revient fréquemment dans les questionnaires médicales permettant de diagnostiquer l'autisme.
Je crois qu'Antoine a beaucoup moins besoin de sommeil que les personnes neurotypiques. Il n'avait que quelques jours et je percevais déjà la différence. Il restait de longues heures éveillées durant la journée. Un peu plus âgé, il ne faisait qu'une sieste par jour alors que les autres enfants en faisait encore deux. Et à l'âge de ne faire qu'une sieste l'après-midi, alors là c'était fini les siestes, il ne dormait que la nuit. Au fur et à mesure qu'il avançait en âge, plus c'était difficile pour lui de s'endormir le soir venu. Comme je voulais respecter l'heure de coucher d'un enfant de son âge, je le couchais vers 8h00 et il ne réussissait à s'endormir que vers 11h00. Il devait avoir 3 ans à cette époque. Que de soirées ai-je passées dans sa chambre pour m'assurer qu'il reste bien dans son lit!
Maintenant, Antoine reste bien sage dans son lit en attendant de sombrer dans les bras de Morphée. Cela lui prend encore 1h30 à s'endormir, mais je peux faire autre chose maintenant. Comment je sais qu'il n'est pas encore endormi? Et bien, Antoine aime faire ses vocalises avant de s'endormir. On dirait qu'il se raconte une histoire. Il dit plein de sons et de mots imaginaires pour ensuite rire aux éclats. Peut-être qu'un jour il pourra nous raconter ses histoires si drôles...
mardi, septembre 05, 2006
Nouveau blog
Pour ceux qui aimerait en savoir un petit peu plus sur la maman d'Antoine, vous pourrez aller lire mon autre blog. Vous trouverez la référence dans mon profil.
jeudi, août 31, 2006
On va à l'école!
Antoine est excité comme une puce. Il ne tient plus en place depuis qu'il est debout. Il sait qu'il va à l'école aujourd'hui et il était prêt à y aller à 7h00 ce matin. Le rendez-vous n'est qu'à 10h15...
Quand sa soeur est sorti avec son sac d'école pour attendre l'autobus, il s'est assis dans l'escalier et il a demandé ses sandales. Il voulait sortir pour attendre le taxi lui aussi.
Des réactions comme celles-là parlent d'elles-même. Il est heureux à l'école et ça paraît. La maman est bien contente!
Quand sa soeur est sorti avec son sac d'école pour attendre l'autobus, il s'est assis dans l'escalier et il a demandé ses sandales. Il voulait sortir pour attendre le taxi lui aussi.
Des réactions comme celles-là parlent d'elles-même. Il est heureux à l'école et ça paraît. La maman est bien contente!
mercredi, août 30, 2006
La rentrée des classes
L'été tire à sa fin et l'année scolaire va bientôt débuter. Demain matin, il y a une rencontre de céduler avec le nouveau professeur d'Antoine. Durant 1 heure, Antoine pourra se familiariser avec ses nouveaux locaux et apprendra à connaître ses nouveaux intervenants. Chaque élève aura droit à son heure particulière. Le Grand Début se fera mardi prochain. Grande Fille, pour sa part, débutera pour de bon demain matin. S'il n'y tenait qu'à elle, l'été aurait pu ne jamais se terminer. Tant qu'à moi, toute bonne chose à une fin et la maman est bien contente de retrouver son train-train quotidien.
PS Tantôt, Antoine est passé devant son horaire hebdomadaire. Il s'y est arrêté et a pris la flèche indiquant la journée en cour et la placée sous la photo de son école et il a dit: "On s'en va à l'école!" Au moins, il y en a un qui est content de recommencer sa vie scolaire.

À noter: Antoine ne s'est pas mis à parler couramment durant l'été. Même si il semble avoir dit une phrase complète (On s'en va à l'école), ceci constitue un tout pour lui, au même titre qu'un mot seul. Il a associé cette phrase à cette image, car la maman lui dit toujours cette phrase le matin avant de prendre le taxi...
PS Tantôt, Antoine est passé devant son horaire hebdomadaire. Il s'y est arrêté et a pris la flèche indiquant la journée en cour et la placée sous la photo de son école et il a dit: "On s'en va à l'école!" Au moins, il y en a un qui est content de recommencer sa vie scolaire.

À noter: Antoine ne s'est pas mis à parler couramment durant l'été. Même si il semble avoir dit une phrase complète (On s'en va à l'école), ceci constitue un tout pour lui, au même titre qu'un mot seul. Il a associé cette phrase à cette image, car la maman lui dit toujours cette phrase le matin avant de prendre le taxi...
mardi, juin 27, 2006
Vive les Vacances!
Les vacances d'été sont commencées pour les enfants et les mamans commencent le temps supplémentaire.
Il y aura certainement moins de billets pour les mois à venir, mais je vous reviendrai en force en septembre.
Il y aura certainement moins de billets pour les mois à venir, mais je vous reviendrai en force en septembre.
mardi, juin 20, 2006
Le comble de la distraction
Hier je suis allée à la piscine avec Antoine et Grande Fille. Antoine est gentil à l'école, presqu'à tous les jours ces dernières semaines. Donc "GO", direction piscine.
Arrivés sur les lieux, Antoine a son petit rituel, il va s'asseoir sur une chaise longue quelques secondes et ensuite il va sur le bord de la piscine et il saute. J'étais à deux pas de lui et voilà que j'allume : "Honnnn! J'ai oublié de lui mettre ses flotteurs!!!" Une chance que j'étais proche, je l'ai pris par les bras et je l'ai tiré hors de l'eau. Cela c'est passé tellement vite qu'il n'a pas eu le temps d'avoir peur et n'a pas avalé une goutte d'eau.
J'ai ri de ma distraction, mais je vous jure que cela ne se reproduira plus. J'ai eu une petite frousse quand même.
J'ai bien hâte qu'il prenne des cours de natation. Ce n'est pas avant l'âge de 10 ans qu'ils ne les prennent.
Arrivés sur les lieux, Antoine a son petit rituel, il va s'asseoir sur une chaise longue quelques secondes et ensuite il va sur le bord de la piscine et il saute. J'étais à deux pas de lui et voilà que j'allume : "Honnnn! J'ai oublié de lui mettre ses flotteurs!!!" Une chance que j'étais proche, je l'ai pris par les bras et je l'ai tiré hors de l'eau. Cela c'est passé tellement vite qu'il n'a pas eu le temps d'avoir peur et n'a pas avalé une goutte d'eau.
J'ai ri de ma distraction, mais je vous jure que cela ne se reproduira plus. J'ai eu une petite frousse quand même.
J'ai bien hâte qu'il prenne des cours de natation. Ce n'est pas avant l'âge de 10 ans qu'ils ne les prennent.
lundi, juin 19, 2006
Une course vers la victoire
Qui a dit que regarder la télévision était une activité passive. Antoine réussit à en faire une activité très active. Dès que ça chante ou que ça danse, il essait de suivre la chorégraphie. Mais ce soir, ce fût vraiment drôle. Il écoutait le film "Gros Albert" et durant la course à relais, il a couru en rond dans la maison. Il partait du salon pour se rendre dans la salle à manger, pour passer ensuite par la cuisine, le corridor et enfin revenir au salon. Il a fait le tour au moins 10 fois, jusqu'à temps que la coureuse gagne. Et là il s'est exclamé: "Bravo! J'ai gagné!"
Eh, oui! Tu as gagné mon Champion!
Eh, oui! Tu as gagné mon Champion!
lundi, juin 12, 2006
Entrevue du Dr Mottron à la Revanche des Nerdz
J'ai tellement trouvé cette entrevue enrichissante, que je désire la partager avec vous.
Patrick Masbourian - Qu'est-ce que l'autisme?
Laurent Mottron - L'autisme est une condition d'origine neuro-développementale, probablement génétique, qui se caractérise par une modification du traitement de l'information, aussi bien social (les visages, les émotions) que non social (la perception en général) et cela depuis le début du développement.
PM - Concrètement, cela veut dire quoi? On gère l'information différemment?
LM - D'une part, elle est perçue différemment. On sait maintenant que la perception d'un autiste est plus aigue que la nôtre. Ils arrivent à discriminer des choses que nous n'arrivons pas à discriminer, particulièrement dans la modalité auditive, mais également dans la modalité visuelle. Mais ils ont également une capacité que nous on a pas, qui est de regarder le monde juste comme il est. C'est à dire de faire juste que percevoir les formes, les lumières, les mouvements sans , comme on le fait nous, immédiatement les nommer ou les catégoriser. On pourrait dire que chez eux la perception a une espèce d'autonomie qu'elle n'a pas chez nous.
PM - Et cela se traduit par des capacités intellectuelles extraordinaires?
LM - Avant tout différentes des nôtres. Je vais vous donner un exemple qu'est celui de l'acquisition de code écrit. Nous, les enfants apprennent à lire au Québec en général aux alentours de l'âge de six ans. Mais il y a des autistes et des syndromes d'Asperger qui apprennent, sans aucun effort et sans aucun professeur, à décoder le code écrit d'eux-mêmes vers l'âge de 4 ans. Ça ne veut pas dire qu'ils comprennent ce qu'ils lisent au même niveau qu'ils sont capable de lire, mais la compréhension vient ensuite six mois ou un an après.
PM - Donc, finalement c'est quoi? C'est une forme d'intelligence?
LM - C'est une intelligence différente qui se caractérise par un rapport différent à la perception. La place de la perception dans l'intelligence qui est différente. Nous, on peut dire qu'on a une perception bête, c'est à dire qu'on perçoit juste pour pouvoir avoir des émotions et être capable de nommer, mais dès que la perception a fait ce travail-là, on l'envoie promener. Pour les autistes, la perception a plus d'importance et on sait par exemple par des travaux qui se font en résonnance magnétique fonctionnelle que les autistes sont capables de résoudre des tâches, que nous on résout grâce au langage, eux ils les résolvent grâce à un usage accru de la perception.
PM - Je comprends qu'il n'y a pas nécessairement d'intérêt à quantifier l'intelligence (plus grande ou plus petite) mais quand même on a souvent associé l'autisme à un déficit et là ce que vous me dites, c'est qu'au contraire c'est gens-là auraient des capacités différentes mais extraordinaire?
LM - On a toujours su qu'il y avait des autistes d'intelligence normale. On disait que 75% d'entre eux avaient une déficience intellectuelle et 25% était d'intelligence normale. Ce que nous, on a mis en valeur, c'est que ce chiffre est probablement faux pour plusieurs raisons. Il est faux d'abord, car ça dépend du test utilisé. Les 75% sont obtenus en utilisant les échelles de Wechsler, qui sont les tests que nous on utilise pour obtenir le traditionnel QI. Or il existe une autre échelle, qui est ce qu'on appelle les matrices de Raven, qui ne nécessite pas d'instructions verbales et qui chez nous est corrélé à tous les autres tests. Cela veut dire que si vous, vous avez un QI de 130 aux matrices de Raven, si je vous fais passer à peu près tous les autres tests d'intelligence, vous allez avoir à peu près le même résultat. Chez les autistes, on a pas du tout cette situation-là. Ils ont un certain niveaux aux matrice de Raven, mais quand on leur fait passer le Wechsler, le QI traditionnel, ils ont 30 percentiles en moins en moyenne. Et dans certains cas, spécialement pour les autistes mutiques (des autistes qui ne parlent pas) la différence est absolument considérable. On a plusieurs personnes qui sont d'intelligence supérieure, qui sont au dessus du 90ème percentile en Raven alors qu'ils sont intestables au Wechsler. Alors, ils sont considérés comme déficient moyen. Toute proportion gardée, il se passe pour l'autisme, à peu près la même chose qu'il s'est passé pour le film "My left foot", dans lequel on révèle que quelqu'un qui paraît déficient, a en faite une intelligence normale. On ne sait pas combien d'autistes sont concernés par cette différence-là, mais on sait qu'il y en a un certain nombre parmi ceux qui sont apparemment considéré comme déficient et déficient moyen, donc déficient ne sachant pas parler et ne sachant pas lire et écrire apparemment.
P.M. - Et c'est un potentiel qu'ils peuvent exploiter?
L.M. - Ça dépend probablement du type de matériel qu'ils rencontrent. On sait depuis toujours que par exemple, ce que l'on appelle les "savants de syndrome" que l'on appelait de façon très péjorative avant les "idiots savants". Donc, des gens qui ont des capacités exeptionnelles en musique et bien ce sont des gens qui ont un piano chez eux. Ils ont donc rencontré la musique. Les hyperlexiques, ces autistes qui décodent très très vite le code écrit, il faut qu'ils aient accès au code écrit. Les calculateurs de calendriers, il faut qu'ils soient exposés aux calendiriers. Donc, on se rend compte que les autistes, qui souvent ne vont pas chercher le matériel qu'ils sont capable de traiter, ont besoin d'être exposé à ce matériel.
P.M. - Comment on fait pour le déceler ce potentiel et ensuite l'encadrer?
L.M. - C'est là que le résultat que l'on a, a probablement des conséquences importantes, c'est nous, on a la conviction maintenant qu'à partir du moment où un autiste présente des capacités particulières dans au moins un domaine cela doit vouloir dire qu'il est d'intelligence normale ou quasi-normale ou supérieure à la normale dans tous les autres domaines. Mais pour les mettre en valeur, il faut l'exposer à un matériel. Donc, il faut faire le pari qu'il n'est pas déficient intellectuel. Donc, vous avez un espèce de cercle vicieux. Quand on considère que quelqu'un est déficient intellectuel, on lui parle comme à un enfant pré-verbal. On lui fait des gouzis-gouzis ou l'équivalent, mais on ne s'adresse pas à lui comme à ce petit adulte que sont les autistes, qui sont souvent des grands raisonneurs, des gens logiques, des gens qui s'intéressent au code écrit, qui ont un vocabulaire exeptionnel par écrit et par oral souvent, même si ils ne paraissent pas s'intéresser à l'aspect sociale des choses. Alors, cela correspond à faire le pari de l'intelligence chez un enfant qui paraît déficient.
P.M. - Donc l'idée finalement, c'est de l'aborder complètement différemment.
Patrick Masbourian - Qu'est-ce que l'autisme?
Laurent Mottron - L'autisme est une condition d'origine neuro-développementale, probablement génétique, qui se caractérise par une modification du traitement de l'information, aussi bien social (les visages, les émotions) que non social (la perception en général) et cela depuis le début du développement.
PM - Concrètement, cela veut dire quoi? On gère l'information différemment?
LM - D'une part, elle est perçue différemment. On sait maintenant que la perception d'un autiste est plus aigue que la nôtre. Ils arrivent à discriminer des choses que nous n'arrivons pas à discriminer, particulièrement dans la modalité auditive, mais également dans la modalité visuelle. Mais ils ont également une capacité que nous on a pas, qui est de regarder le monde juste comme il est. C'est à dire de faire juste que percevoir les formes, les lumières, les mouvements sans , comme on le fait nous, immédiatement les nommer ou les catégoriser. On pourrait dire que chez eux la perception a une espèce d'autonomie qu'elle n'a pas chez nous.
PM - Et cela se traduit par des capacités intellectuelles extraordinaires?
LM - Avant tout différentes des nôtres. Je vais vous donner un exemple qu'est celui de l'acquisition de code écrit. Nous, les enfants apprennent à lire au Québec en général aux alentours de l'âge de six ans. Mais il y a des autistes et des syndromes d'Asperger qui apprennent, sans aucun effort et sans aucun professeur, à décoder le code écrit d'eux-mêmes vers l'âge de 4 ans. Ça ne veut pas dire qu'ils comprennent ce qu'ils lisent au même niveau qu'ils sont capable de lire, mais la compréhension vient ensuite six mois ou un an après.
PM - Donc, finalement c'est quoi? C'est une forme d'intelligence?
LM - C'est une intelligence différente qui se caractérise par un rapport différent à la perception. La place de la perception dans l'intelligence qui est différente. Nous, on peut dire qu'on a une perception bête, c'est à dire qu'on perçoit juste pour pouvoir avoir des émotions et être capable de nommer, mais dès que la perception a fait ce travail-là, on l'envoie promener. Pour les autistes, la perception a plus d'importance et on sait par exemple par des travaux qui se font en résonnance magnétique fonctionnelle que les autistes sont capables de résoudre des tâches, que nous on résout grâce au langage, eux ils les résolvent grâce à un usage accru de la perception.
PM - Je comprends qu'il n'y a pas nécessairement d'intérêt à quantifier l'intelligence (plus grande ou plus petite) mais quand même on a souvent associé l'autisme à un déficit et là ce que vous me dites, c'est qu'au contraire c'est gens-là auraient des capacités différentes mais extraordinaire?
LM - On a toujours su qu'il y avait des autistes d'intelligence normale. On disait que 75% d'entre eux avaient une déficience intellectuelle et 25% était d'intelligence normale. Ce que nous, on a mis en valeur, c'est que ce chiffre est probablement faux pour plusieurs raisons. Il est faux d'abord, car ça dépend du test utilisé. Les 75% sont obtenus en utilisant les échelles de Wechsler, qui sont les tests que nous on utilise pour obtenir le traditionnel QI. Or il existe une autre échelle, qui est ce qu'on appelle les matrices de Raven, qui ne nécessite pas d'instructions verbales et qui chez nous est corrélé à tous les autres tests. Cela veut dire que si vous, vous avez un QI de 130 aux matrices de Raven, si je vous fais passer à peu près tous les autres tests d'intelligence, vous allez avoir à peu près le même résultat. Chez les autistes, on a pas du tout cette situation-là. Ils ont un certain niveaux aux matrice de Raven, mais quand on leur fait passer le Wechsler, le QI traditionnel, ils ont 30 percentiles en moins en moyenne. Et dans certains cas, spécialement pour les autistes mutiques (des autistes qui ne parlent pas) la différence est absolument considérable. On a plusieurs personnes qui sont d'intelligence supérieure, qui sont au dessus du 90ème percentile en Raven alors qu'ils sont intestables au Wechsler. Alors, ils sont considérés comme déficient moyen. Toute proportion gardée, il se passe pour l'autisme, à peu près la même chose qu'il s'est passé pour le film "My left foot", dans lequel on révèle que quelqu'un qui paraît déficient, a en faite une intelligence normale. On ne sait pas combien d'autistes sont concernés par cette différence-là, mais on sait qu'il y en a un certain nombre parmi ceux qui sont apparemment considéré comme déficient et déficient moyen, donc déficient ne sachant pas parler et ne sachant pas lire et écrire apparemment.
P.M. - Et c'est un potentiel qu'ils peuvent exploiter?
L.M. - Ça dépend probablement du type de matériel qu'ils rencontrent. On sait depuis toujours que par exemple, ce que l'on appelle les "savants de syndrome" que l'on appelait de façon très péjorative avant les "idiots savants". Donc, des gens qui ont des capacités exeptionnelles en musique et bien ce sont des gens qui ont un piano chez eux. Ils ont donc rencontré la musique. Les hyperlexiques, ces autistes qui décodent très très vite le code écrit, il faut qu'ils aient accès au code écrit. Les calculateurs de calendriers, il faut qu'ils soient exposés aux calendiriers. Donc, on se rend compte que les autistes, qui souvent ne vont pas chercher le matériel qu'ils sont capable de traiter, ont besoin d'être exposé à ce matériel.
P.M. - Comment on fait pour le déceler ce potentiel et ensuite l'encadrer?
L.M. - C'est là que le résultat que l'on a, a probablement des conséquences importantes, c'est nous, on a la conviction maintenant qu'à partir du moment où un autiste présente des capacités particulières dans au moins un domaine cela doit vouloir dire qu'il est d'intelligence normale ou quasi-normale ou supérieure à la normale dans tous les autres domaines. Mais pour les mettre en valeur, il faut l'exposer à un matériel. Donc, il faut faire le pari qu'il n'est pas déficient intellectuel. Donc, vous avez un espèce de cercle vicieux. Quand on considère que quelqu'un est déficient intellectuel, on lui parle comme à un enfant pré-verbal. On lui fait des gouzis-gouzis ou l'équivalent, mais on ne s'adresse pas à lui comme à ce petit adulte que sont les autistes, qui sont souvent des grands raisonneurs, des gens logiques, des gens qui s'intéressent au code écrit, qui ont un vocabulaire exeptionnel par écrit et par oral souvent, même si ils ne paraissent pas s'intéresser à l'aspect sociale des choses. Alors, cela correspond à faire le pari de l'intelligence chez un enfant qui paraît déficient.
P.M. - Donc l'idée finalement, c'est de l'aborder complètement différemment.
vendredi, juin 09, 2006
Gentil??!!!
Pour améliorer les comportements d'Antoine à l'école, j'ai décidé de récompenser les bons comportements. À tous les jours, l'école m'indique comment il s'est comporté dans la journée en encerclant, dans son agenda scolaire, un émotycone correspondant à son humeur. Et quand il a un bonhomme sourire, il lui font coller un sticker dans son agenda. J'ai donc mis en place un petit système visuel pour qu'il puisse comprendre ce que j'attends de lui et pour qu'il puisse savoir qu'elle sera la récompense.
Voici ce que j'attends de lui:

Et voici la récompense qu'il pourra avoir après 4 jours de bons comportements:

Cela a pris quelques semaines avant de comprendre vraiment le principe, mais maintenant il le comprend très bien.
Quand il arrive de l'école, la première chose qu'il me dit quand il a un collant dans son cahier c'est : "Gentil??!!!" et il s'empresse d'aller chercher son casse-tête pour pouvoir rajouter un morceau.
Si il fait une bonne journée aujourd'hui à l'école, cet après-midi il va pouvoir aller faire quelques bombes dans la piscine du Québec Inn!
Voici ce que j'attends de lui:

Et voici la récompense qu'il pourra avoir après 4 jours de bons comportements:

Cela a pris quelques semaines avant de comprendre vraiment le principe, mais maintenant il le comprend très bien.
Quand il arrive de l'école, la première chose qu'il me dit quand il a un collant dans son cahier c'est : "Gentil??!!!" et il s'empresse d'aller chercher son casse-tête pour pouvoir rajouter un morceau.
Si il fait une bonne journée aujourd'hui à l'école, cet après-midi il va pouvoir aller faire quelques bombes dans la piscine du Québec Inn!
jeudi, juin 08, 2006
Journée de recueillement
Un membre de ma famille vit un grand deuil ces jours-ci. Aujourd'hui, j'aurai une pensée toute spéciale pour elle et ses proches.
lundi, juin 05, 2006
Le langage comme de la musique
Depuis quelques semaines, Antoine ne veut pas que je le réveille. Il est trop bien dans son lit. Pour se mettre dans le contexte : de 6h30 à 7h00 je vais dans sa chambre aux 10 minutes pour lui flatter le dos et les cheveux pour qu'il daigne se réveiller. Quand il a un oeil ouvert, il ne veut plus que j'entre dans sa chambre. Il me dit alors : "Bye! Bye!" C'est sa façon à lui de nous dire vas-t-en! Il a associé cette signification à ce mot, car quand je lui disais bye-bye, je m'en allais toujours après.
Ce matin, il a pointé la porte et il m'a débité une suite de sons sans signification particulière, mais on reconnaissait le rytme et la mélodie d'une phrase. Si il avait pu mettre des vrais mots dans sa phrase on aurait pu l'entendre dire : "Sors de ma chambre maman, c'est correct je suis réveillé maintenant!" J'ai vraiment trouvé ça drôle, on aurait presque dit qu'il parlait une autre langue.
Pour comprendre pourquoi Antoine est capable de reproduire la mélodie du langage et non les mots qui vont avec, il y a une explication qui fut apporté par une chercheure en France. Elle a fait passé des scans à des personnes autistes et l'imagerie cérébrale démontrait que le langage et la musique activaient les mêmes zones cérébrales. Tandis que chez les personnes normales, le langage active une zone spécifique et la musique une autre. C'est pour cette raison que la communication est si difficile chez eux. Ils ont de la difficulté à faire abstraction des bruits ambiants lorsqu'ils écoutent quelqu'un parler. Cela demande donc une concentration supplémentaire pour décoder tout ce que les gens peuvent leur dire.
Ce matin, il a pointé la porte et il m'a débité une suite de sons sans signification particulière, mais on reconnaissait le rytme et la mélodie d'une phrase. Si il avait pu mettre des vrais mots dans sa phrase on aurait pu l'entendre dire : "Sors de ma chambre maman, c'est correct je suis réveillé maintenant!" J'ai vraiment trouvé ça drôle, on aurait presque dit qu'il parlait une autre langue.
Pour comprendre pourquoi Antoine est capable de reproduire la mélodie du langage et non les mots qui vont avec, il y a une explication qui fut apporté par une chercheure en France. Elle a fait passé des scans à des personnes autistes et l'imagerie cérébrale démontrait que le langage et la musique activaient les mêmes zones cérébrales. Tandis que chez les personnes normales, le langage active une zone spécifique et la musique une autre. C'est pour cette raison que la communication est si difficile chez eux. Ils ont de la difficulté à faire abstraction des bruits ambiants lorsqu'ils écoutent quelqu'un parler. Cela demande donc une concentration supplémentaire pour décoder tout ce que les gens peuvent leur dire.
samedi, juin 03, 2006
Changement à l'horaire
Hier, dans l'agenda scolaire d'Antoine j'ai eu une notice à l'effet qu'Antoine avait eu un mauvais comportement. Durant 35 minutes, il n'a pas collaboré aux activités, il a lancé du matériel et a tenté de frapper et cela parce qu'il y a eu un changement dans son horaire. Il était prévu qu'il voit la psychologue en avant-midi et cela a dû être cancellé. Il faut dire qu'il adore travailler avec la psychologue. Je le comprends, elle fait du si bon travail.
Pour Antoine, il est très important de respecter l'horaire préétabli. Quand survient un contretemps et que l'on doit modifier l'horaire, cela le pertube car il perd ses repères et il faut bien le dire, il n'aime pas le changement. (Enfin, pas toujours, quand le changement est beaucoup plus plaisant que ce qui était prévu, c'est drôle mais c'est correct.) Comme quoi, il n'est peut-être pas si différent des autres enfants après tout, seulement il ne se contrôle pas aussi bien.
À l'école comme à la maison, il possède un horaire TEACCH. Voici 2 exemples d'horaire :
Pour Antoine, il est très important de respecter l'horaire préétabli. Quand survient un contretemps et que l'on doit modifier l'horaire, cela le pertube car il perd ses repères et il faut bien le dire, il n'aime pas le changement. (Enfin, pas toujours, quand le changement est beaucoup plus plaisant que ce qui était prévu, c'est drôle mais c'est correct.) Comme quoi, il n'est peut-être pas si différent des autres enfants après tout, seulement il ne se contrôle pas aussi bien.
À l'école comme à la maison, il possède un horaire TEACCH. Voici 2 exemples d'horaire :
vendredi, juin 02, 2006
Une bonne mémoire
J'ai toujours su qu'Antoine avait une excellente mémoire. Hier, il me l'a encore démontré.
Les premières années de la vie d'Antoine se sont déroulées à Sorel. Antoine y a vécu jusqu'à l'âge de 5 ans. À cette époque, il obtenait les services du CRDI (Centre de réadaptation en déficience intellectuelle) de la région. Comme je parle à Antoine avec des pictogrammes, j'utilisais le logo du centre pour lui signifier où nous allions.

Hier, mon p'tit chéri a trouvé le courrier et est venu me voir avec une lettre du CRDI de Québec. Il pointe le logo sur l'enveloppe et me dit "ici!". Il a voulu que j'ouvre l'enveloppe pour voir ce qu'il y avait dedans. Il fut un peu déçu de voir qu'il n'y avait rien d'autre que du papier avec des mots noirs dessus. Il pointe encore le logo et demande "Ici".
C'est bon de savoir qu'il a des bons souvenirs de ses thérapies. Les éducateurs sont vraiment formidables. Ils font tout pour que l'enfant ne s'aperçoive pas qu'il est en train de travailler. Chapeau, c'est réussi!
Les premières années de la vie d'Antoine se sont déroulées à Sorel. Antoine y a vécu jusqu'à l'âge de 5 ans. À cette époque, il obtenait les services du CRDI (Centre de réadaptation en déficience intellectuelle) de la région. Comme je parle à Antoine avec des pictogrammes, j'utilisais le logo du centre pour lui signifier où nous allions.

Hier, mon p'tit chéri a trouvé le courrier et est venu me voir avec une lettre du CRDI de Québec. Il pointe le logo sur l'enveloppe et me dit "ici!". Il a voulu que j'ouvre l'enveloppe pour voir ce qu'il y avait dedans. Il fut un peu déçu de voir qu'il n'y avait rien d'autre que du papier avec des mots noirs dessus. Il pointe encore le logo et demande "Ici".
C'est bon de savoir qu'il a des bons souvenirs de ses thérapies. Les éducateurs sont vraiment formidables. Ils font tout pour que l'enfant ne s'aperçoive pas qu'il est en train de travailler. Chapeau, c'est réussi!
jeudi, juin 01, 2006
Il y a une momie dans mon jardin!
Hier soir, sur l'heure du souper, j'étais dehors avec les enfants à profiter de la belle température. Les enfants pataugeaient dans la piscine et moi je pratiquais la "farniente". Tout d'un coup, le ciel s'obscurcit sans crier gare. Un vent de panique s'empare de moi. Vite, vite il faut tout rentrer dans la maison. "Vite, vite Grande Fille viens m'aider à remettre la toile sur la piscine." Dès que nous sommes prêtes à déposer la toile sur la piscine, le vent décide de se lever avec une violence peu commune, je lâche prise malgré moi et la toile vient s'entortiller autour de Grande Fille. Elle ressemblait à une vrai momie égyptienne.
Fous rires assurés à l'abri dans la maison. :0)))
Fous rires assurés à l'abri dans la maison. :0)))
mercredi, mai 31, 2006
"Je veux ~&@§µ£¤"
J'haïs ça quand je ne suis pas capable de comprendre ce qu'il me demande. On ne peut pas avoir des pictogrammes (images) pour tout et des fois il me demande quelque chose et je ne réussis pas à deviner ce qu'il veut. J'entends la mélodie qui se retrouve derrière le mot, mais je suis incapable de répéter ce qu'il vient de me dire. Cette mélodie me dit quelque chose, peut-être une émission de télévision? Mais laquelle???!!
Il est bien patient mon ti-lou, il répète aussi souvent qu'on le lui demande et quand il voit que l'on ne réussit pas à comprendre, il passe à autre chose. Ça n'a pas toujours été comme cela, mais maintenant je crois qu'il a compris que "Je ne sais pas!" ne veut pas dire la même chose que "Je ne veux pas!".
Il est bien patient mon ti-lou, il répète aussi souvent qu'on le lui demande et quand il voit que l'on ne réussit pas à comprendre, il passe à autre chose. Ça n'a pas toujours été comme cela, mais maintenant je crois qu'il a compris que "Je ne sais pas!" ne veut pas dire la même chose que "Je ne veux pas!".
mardi, mai 30, 2006
PECS, une révélation!
"Picture Exchange Communication System ou PECS est un système de communication par échange d'images qui permet de suppléer ou d'augmenter la communication des jeunes enfants ayant des troubles autistiques ou présentant un déficit de la communication sociale."
Quelques semaines après le début des séances en orthophonie, mon orthophoniste me parla d'une nouvelle méthode qui consiste à échanger des images pour demander ce que l'on désire. J'ai trouvé l'idée bonne et je commençai à prendre mes renseignements. La chance me sourit, car une formation pour apprendre à utiliser PECS se donna 1 mois plus tard. Après 2 journées intensives à apprendre les aléas de cette technique, je suis enfin prête à le montrer à Antoine.
Au début, pour que l'enfant comprenne qu'il doit donner une image pour obtenir ce qu'il veut, on enlève le jouet préféré quelques instants et on modélise l'enfant à nous donner l'image représentant l'objet en question, pour l'obtention de l'objet tant désiré. Wow! Antoine a compris le principe presqu'immédiatement. Au bout de 2 semaines, il était même capable de se déplacer pour nous donner l'image. Cela semble annodin, mais il est difficile pour l'enfant autiste d'attirer l'attention de l'autre pour demander quelque chose.
Aujourd'hui, Antoine peut faire des phrases complètes de 5-6 mots avec des pictogrammes. Cette méthode continue de l'aider. Il peut apprendre des mots nouveaux et cela aide l'interlocuteur à comprendre les mots qui sont prononcés avec une élocution déficiente.
Le PECS de Fabien donne un bon exemple de ce qu'est le PECS.
Une bonne banque de pictogrammes avec plein de liens.
________
Edit
Une petite anecdote:
Jusqu'à il y a environ 1 an, Antoine, pour les pictogrammes dont il ne connaissait pas le mot, disait : "Je veux nanananananana." C'est devenu un running gag à la maison. :0)))
Quelques semaines après le début des séances en orthophonie, mon orthophoniste me parla d'une nouvelle méthode qui consiste à échanger des images pour demander ce que l'on désire. J'ai trouvé l'idée bonne et je commençai à prendre mes renseignements. La chance me sourit, car une formation pour apprendre à utiliser PECS se donna 1 mois plus tard. Après 2 journées intensives à apprendre les aléas de cette technique, je suis enfin prête à le montrer à Antoine.
Au début, pour que l'enfant comprenne qu'il doit donner une image pour obtenir ce qu'il veut, on enlève le jouet préféré quelques instants et on modélise l'enfant à nous donner l'image représentant l'objet en question, pour l'obtention de l'objet tant désiré. Wow! Antoine a compris le principe presqu'immédiatement. Au bout de 2 semaines, il était même capable de se déplacer pour nous donner l'image. Cela semble annodin, mais il est difficile pour l'enfant autiste d'attirer l'attention de l'autre pour demander quelque chose.
Aujourd'hui, Antoine peut faire des phrases complètes de 5-6 mots avec des pictogrammes. Cette méthode continue de l'aider. Il peut apprendre des mots nouveaux et cela aide l'interlocuteur à comprendre les mots qui sont prononcés avec une élocution déficiente.
Le PECS de Fabien donne un bon exemple de ce qu'est le PECS.
Une bonne banque de pictogrammes avec plein de liens.
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Edit
Une petite anecdote:
Jusqu'à il y a environ 1 an, Antoine, pour les pictogrammes dont il ne connaissait pas le mot, disait : "Je veux nanananananana." C'est devenu un running gag à la maison. :0)))
lundi, mai 29, 2006
Ahhhh! Je suis embarrée dehors!
Antoine vient de m'embarrer dehors. Il faut dire qu'il a été habitué que l'on barre les portes systématiquement à chaque fois que l'on est à l'intérieur (sécurité pour lui oblige). Nous étions à l'extérieur et il décide de rentrer dans la maison. Je termine de ranger ce que je faisais et je le suis à l'intérieur. Ahhhh! Il a barré la porte encore une fois! Cette fois-ci, ça c'est terminé sans péripéties. Il est venu m'ouvrir la porte quand j'ai cogné. Il n'en a pas toujours été ainsi. Une certaine fois, il m'embarre à l'extérieur et ne porte aucunement attention à mes simagrés derrière la porte. Il faut dire que ce n'est pas un réflexe chez les enfants autistes de répondre à la porte. Je suis donc contrainte d'aller sonner chez le voisin pour lui emprunter son téléphone et appeler mon beau-frère à l'ouvrage pour qu'il vienne me porter les clefs. Une demi-heure plus tard, je pus enfin retrouver mon domicile.
Ces petites choses habituellement insignifiantes sont pour moi source de grande fierté. (Qu'Antoine ait appris à venir à la porte quand il entend frapper.) À chaque jour, il y a une petite victoire sur la bataille et c'est merveilleux.
Ces petites choses habituellement insignifiantes sont pour moi source de grande fierté. (Qu'Antoine ait appris à venir à la porte quand il entend frapper.) À chaque jour, il y a une petite victoire sur la bataille et c'est merveilleux.
dimanche, mai 28, 2006
Graine de champion
Aujourd'hui nous avons installé la piscine. Ce n'est pas une grosse piscine, vous savez celle qu'on doit entreposer l'hiver venu. Elle fait la 'job' quand même, les enfants ont un plaisir fou d'y patauger et de s'éclabousser.
J'apréhendais un peu cet instant. Il faut dire que l'an passé cela avait été assez intense. Cris et grincements de dents étaient au rendez-vous. Nous ne travaillions pas assez vite au goût d'Antoine. C'est tout un contre-maître notre fiston. Mais cette année, il a fait cela comme un grand. Il s'est assis tout à côté de nous et a regardé les préparatifs sans aucun signe d'impatience. En attendant qu'il y ait assez d'eau pour pouvoir y tremper ses petons, il a profité de l'occasion pour semer aux quatre vents des graines de pissenlits.
Bravo Fiston, tu es mon champion!
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Édité le 1er juin 2006 à 21h00
Petit ajout pour la grand tante d'Antoine. ;-)
J'apréhendais un peu cet instant. Il faut dire que l'an passé cela avait été assez intense. Cris et grincements de dents étaient au rendez-vous. Nous ne travaillions pas assez vite au goût d'Antoine. C'est tout un contre-maître notre fiston. Mais cette année, il a fait cela comme un grand. Il s'est assis tout à côté de nous et a regardé les préparatifs sans aucun signe d'impatience. En attendant qu'il y ait assez d'eau pour pouvoir y tremper ses petons, il a profité de l'occasion pour semer aux quatre vents des graines de pissenlits.
Bravo Fiston, tu es mon champion!
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Édité le 1er juin 2006 à 21h00
Petit ajout pour la grand tante d'Antoine. ;-)
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